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Guide de visite : Palais Royal


Palais Royal
Paris Ier (France)

Métro : Palais Royal - Musée du Louvre
   Visite virtuelle   52 sections et 36 éléments
Architecture extérieure (4)





Architecture intérieure (28)

Ministère de la Culture

Antichambre du ministère de la Culture
Le décor peint de Pierre Alechinsky date de 1985. Les fauteuils et canapés ont été exécutés d'après des modèles de Le Corbusier (1925).

Salon Jérôme
Chambre de parade du duc et de la duchesse d'Orléans
Le monogramme NJB (Napoléon Jérôme Bonaparte) alterne avec l'aige royal aux tympans des arcades.

Bureau du ministre de la Culture (2)
Le décor de ce bureau est attribué à Fontaine, avec le réemploi de nombreux éléments d'époque Louis XVI.

Bureau du directeur de cabinet du ministre de la Culture
Le décor de ce bureau est formé de remplois d'éléments du XVIIIème siècle par Fontaine.

Grand salon de réception de l'appartement de Marie-Amélie, épouse de Louis-Philippe
Cette ancienne salle de scéances plénières de la Cour de Cassation, divisée en bureaux en 1959, sera restaurée en 1989 d'après une gravure aquarellée de Fontaine.

Conseil d'Etat

Salle de la Section des Finances du Conseil d'Etat
Les vantaux des portes et le plafond de cette salle, restaurée en 1990, sont attribués à Constant d'Ivry.

Salle du Tribunal des Conflits
Salle à manger de la duchesse d'Orléans
1765
Les médaillons en camaïeu de cette salle aménagée par Contant d'Ivry en 1765 représentent les quatre saisons. Ils sont attribués à Demachy.

Salle des Trophées
Salle René Cassin
Le grand tableau représentant "l'Installation du Conseil d'Etat au palais du Luxembourg" est une oeuvre d'Auguste Couder.

Salle des pas perdus
Le grand escalier de Lemercier aboutissait autrefois dans cette vaste salle, à la croisée des ailes nord-est et sud-est et du bâtiment central.

Grand escalier d'Honneur
1765
Cet escalier monumental, réalisé par Contant d'Ivry à partir de 1765, menait aux appartements de la duchesse d'Orléans. La coupole qui le surmonte brise à l'extérieur la ligne des toits, mais accroît à l'intérieur l'impression de hauteur.


La salle du Contentieux
entre 1640 et 1875
L'aile du sud-est est réservée à la Section du contentieux. La salle du Contentieux occupe l'emplacement de la salle de spectacles construite en 1640 par Lemercier pour Richelieu, détruite par deux incendies en 1763 et 1781.


Bureau du Vice-Président du Conseil d'Etat
Salon des aides de Camp
Le tapis de la Savonnerie, d'époque Empire et exécuté sur les dessins de Percier, provient de la salle du Trône des Tuileries.

Salle de la Section Sociale
Les salles aujourd'hui affectées à la Section sociale et à la Section des travaux publics occupent l'emplacement de l'ancienne galerie des batailles, salle de réception de l'époque de Louis-Philippe.

Salle de la Section des Travaux Publics
Les salles aujourd'hui affectées à la Section sociale et à la Section des travaux publics occupent l'emplacement de l'ancienne galerie des batailles, salle de réception de l'époque de Louis-Philippe.

Salle de la Section de l'Intérieur
Salle du trône de Louis-Philippe
La salle de la Section de l'Intérieur est l'ancienne salle du trône de Louis-Philippe, transformée du temps du prince Jérôme Bonaparte, en "Salon de la Fontaine".

Salle de l'Assemblée générale (1)
1875
Cette ancienne salle du Tribunat, aménagée en chapelle sous Louis-Philippe, sera transformée en salons sous le Second Empire. Prosper Chabrol construira l'actuelle salle de l'Assemblée générale en 1875.


Bibliothèque du Conseil d'Etat
Salle de Bal
La bibliothèque occupe l'ancienne salle de bal créée en l'An VIII sur l'ordre de Napoléon, à partir de saisies révolutionnaires faites chez les émigrés. La bibliothèque, incendiée par les insurgés de la Commune, sera reconstituée par des dons et des legs. Elle contient environ 60.000 volumes.

Chapelle
Cette chapelle néo-gothique sera édifiée sous le Second Empire par Prosper Chabrol pour le prince Napoléon et la princesse Marie-Clotilde de Savoie.

Salle Napoléon
Cette unique salle du Conseil d'État qui se trouve dans l'aile Montpensier est l'ancien "salon des colonies" aménagé par Klagmann et Chabrol à l'époque où Jérôme Bonaparte était ministre des Colonies (1858-1859).

Conseil Constitutionnel

Grand salon du Conseil Constitutionnel
La décoration de ce salon, incendié en 1848, sera revue par la princesse Marie-Clotilde de Savoie, mariée au prince Jérôme Napoléon en 1859, fils du roi Jérôme de Westphalie.


Salle des séances du Conseil Constitutionnel
Cette salle est l'ancien salon de travail de la princesse Marie-Clotilde de Savoie.

Bureau du Président du Conseil Constitutionnel
Ce salon d'angle est l'ancienne chambre à coucher de la princesse Marie-Clotilde de Savoie.

Antichambre du bureau du Président du Conseil Constitutionnel
Les fauteuils et le canapé "Plaisir de plage", de Charles Dufresne (1930) sont recouvert de tapisseries de Beauvais.

Parc(s) et jardin(s) (1)



Passage(s) et galerie(s) (11)









Passage du Perron

Passages et galeries
Ce petit passage du Palais-Royal relie la galerie du Beaujolais et la rue du même nom. On y trouve l'une des rares boutique de boîtes à musique parisienne, la maison Anna Joliet.



Rues, avenues ... (4)





Théâtre(s) (2)



Transports (2)



Description   
Les jardins du Palais-Royal, témoins de nombreux évènements historiques, sont aménagés sur une partie de l'enceinte de Charles V. Ils s'inscrivent dans un ensemble architectural d'une grande cohérence mis en oeuvre, pour l'essentiel par le duc d'Orléans, futur Philippe-Egalité. La superficie couvre un peu plus de deux hectares.

Ce lieu héberge aujourd'hui quelques institutions vénérables de la République, le Conseil d'Etat dans le palais, le Conseil Constitutionnel et le Ministère de la Culture dans les annexes. Ses jardins, enserrés dans un écrin de façades parfaitement restaurées, sont un véritable havre de paix dans l'un des quartiers de Paris les plus animés. Colette et Cocteau y éliront domicile. Le quadrilatère de verdure est ombragé par quatre doubles rangées de tilleuls taillés en marquise : 466 arbres au total. Plantés en 1970, ces tilleuls remplacent les vieux ormes abattus en raison de la maladie qui a décimé cette espèce.

Le sculpteur Buren installera dans la cour d'honneur, en 1985-1986, un ensemble de colonnes noires et blanches entouré d'un chemin de grillage sous lequel coule de l'eau. Cette cour renferme également les fontaines ornées de boules en acier inoxydable de Pol Bury. Le grand Véfour, restaurant apprécié de Voltaire et connu sous le nom de Café de Chartres du XVIIIème siècle, occupe une partie des arcades au fond du jardin, à l'arrière du théâtre du Palais-Royal.
Histoire   
Les jardiniers découvriront des vestiges d'une riche villa gallo-romaine, en 1781, lorsqu'ils voudront planter des arbres. Les terrassiers mettront à jour deux vastes bassins alimentés des hauteurs de Chaillot. L'enceinte fortifiée de Charles V inclura cette parcelle sur laquelle seront construits des hôtels particuliers, notamment celui du chevalier Regnault d'Argennes. Le cardinal de Richelieu, qui désirait se rapprocher du palais du Louvre, achètera l'hôtel Argennes-Rambouillet en 1624 pour la somme de 30.000 écus. Il fera abattre son mur d'enceinte et combler les fossés. Desgots dessinera le jardin orné de statues et de parterre, ainsi que de deux bassins à jet d'eau. Il fera planter deux allées d'ormes et un petit bois à l'extrémité septentrionale, et séparera le jardin de la cour d'honneur par une série d'arcades surmontées d'une terrasse.

Le cardinal confiera en 1624 à l'architecte Jacques Lemercier, l'architecte de la Sorbonne, le soin de construire un magnifique hôtel - bientôt appelé Palais-Cardinal - ainsi qu'un grand théâtre. Louis XIII, qui héritera de la propriété le 1er juin 1636, ne prendra jamais possession des lieux. Anne d'Autriche, devenue régente, s'y installera avec ses enfants pour fuir le Louvre. Le palais deviendra ainsi royal. Mazarin quittera l'hôtel Tuboeuf pour emménager auprès de la reine Anne d'Autriche.

Louis XIV fera don du Palais-Royal à son frère, Monsieur, qui le meublera richement et y organisera de grands et fameux dîners libertins. Son fils, le Régent, fera planter des orangers et autres arbustes rares. Louis, le fils du Régent, désertera les lieux. Il ordonnera, avant de se retirer au couvent des Genovégains, d'abattre les arbres plantés par Richelieu, hormis quelques marronniers.

Les jardins du Palais-Royal, ouverts au public à l'époque de Louis-Philippe d'Orléans (dit le Gros), deviendront un lieu de rencontres libertines et de débats. Le marquis d'Argenson, qui possédait un hôtel particulier à proximité du Palais-Royal, écrira en 1741 :

"Je n'ai jamais vu de petite ville aussi tracassière que l'est le Palais-Royal. C'est aujourd'hui, et selon la politesse du siècle, un repaire de médisance, de calomnie, de redite, de mauvaises peintures et de détestables papiers".

L'incendie de 1763 entraînera la reconstruction du Palais. Louis-Philippe, très endetté, décidera de mettre en location des boutiques et des appartements autour du jardin. Victor Louis réalisera ainsi les soixante pavillons à arcades qui donnent au Palais-Royal son visage actuel. Charlotte Corday se procurera dans l'une de ces boutiques le couteau avec lequel elle poignardera Marat.

Les jardins seront le point de rendez-vous favori des nobles, bourgeois et artistes, notamment en raison du fait que la police n'avait pas le droit d'inspecter dans ce domaine princier. La liberté de pensée s'y développera rapidement, à l'image de la liberté des moeurs déjà très étendue. Les livres de Rousseau et de Voltaire, interdits par la censure, compteront parmi les ouvrages préférés de promeneurs.

La Comédie Française sera construite en 1786.

Le Palais-Royal deviendra un lieu vivant et mal famé au cours des dernières années de l'Ancien Régime. Il sera qualifié de « forum du peuple parisien » par Chamfort La prostitution y sera intense. Balzac écrira ainsi : "De tous les points de paris, une fille de joie accourait "faire son Palais". Les galeries de pierre appartenaient à des maisons privilégiées qui payaient le droit d'exposer des créatures habillées comme des princesses, entre telle et telle arcade, et à la place correspondante dans le jardin, tandis que les galeries-de-bois étaient, pour la prostitution, un terrain public ... Ces vitrages encrassés par la pluie et la poussière, ces murailles commencées, cet ensemble de choses qui tenait du camp de bohémiens, de baraques de foires, des constructions provisoires avec lesquelles on entoure à Paris les monuments qu'on ne bâtit pas, cette physionomie grinçante allaient admirablement aux différents commerces qui grouillaient sous cet hangar impudique, effronté, plein de gazouillements et d'une gaîté folle, où depuis la révolution de 1789 jusqu'à la Révolution de 1820, il s'est fait d'immenses affaires".

De nombreux tripots et cafés implantés autour du Palais seront fréquentés par de beaux esprits. Diderot, Chamfort, Restif de la Bretonne, Madame de Staël, Fragonard, Jan Potocki seront des familiers des lieux. Fragonard, pour l'anecdote, décédera d'apoplexie dans l'un ces cafés en dégustant un sorbet !

Camille Desmoulin, apprenant le renvoi de Necker, montera le 13 juillet 1789 sur une table du café de Foy sis aux numéros 57 à 60 de la galerie Montpensier. Il haranguera le peuple ainsi :

"Citoyens, j'arrive de Versailles. Le renvoi de Necker est le tocsin d'une Saint-Barthélemy des patriotes. Des bataillons suisses et allemands sont groupés dans le Champ-de-Mars, ils en sortiront pour nous égorger. Il ne nous reste plus qu'une seule ressource, c'est de courir aux armes et de prendre des cocardes pour nous reconnaître. Le vert, couleur de l'espérance, sera la notre". Il fera des cocardes avec des feuilles arrachées aux marronniers. La prise de la Bastille interviendra le lendemain. Les titres de noblesse seront abolis en 1792. Philippe d'Orléans deviendra Philippe Egalité, et le Palais-Royal prendra le nom de Palais-Egalité.

Le député Michel Le Peletier de Saint-Fargeau, qui venait de voter la mort du roi, sera assassiné le 20 janvier 1793 alors qu'il dînait dans la cave Février - au numéro 113 de la galerie Valois, par un ancien garde du corps nommé Pâris.

L'animation du Palais-Royal cessera brusquement en 1836, lorsque Louis Philippe ordonnera la fermeture des salles de jeu et des tripots. Les galeries sombreront dans l'oubli. Sous le Second-Empire, le Palais-Royal sera délaissé par les bourgeois et les classes populaires au profit des grands boulevards. Une statistique officielle de 1852 nous apprend que le quartier du Palais-Royal était encore à l'époque le plus riche en bordels.

Céline, en 1910, observera les arcades du Palais et constatera : "C'était plein de branleuses ... toutes des traînardes à vingt ronds ... Et même encore moins... Une tous les trois ou quatre piliers avec un ou deux clients ..."
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