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   France > Paris > Le Marais > Saint-Merri
Guide de visite : Saint-Merri
Saint-Merri
78, rue Saint Martin
Eglise Saint-Merry
Section 4 sur 5

Le Marais
Eglise(s)

Catégories
Lieux de culte

Période : entre 1500 et 1552
Région en relation : Paris IVème

 
Située à l'intersection de l'ancienne voie romaine nord-sud, actuelle rue Saint-Martin, et de l'axe est-ouest constitué par les rues Saint-Antoine, de la Verrerie et Saint-Honoré, l'église Saint-Merry est l'une des plus belles de Paris.

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Histoire   
D'après la légende, c'est à cet endroit que saint Médéric, abbé de Saint-Martin d'Autun, viendra vivre en ermite dans une cabane en bois, à proximité de l'oratoire Saint-Pierre-des-Bois. Il y décédera le 29 août 700. En 884, l'évêque de Paris Gozlin fera exhumer et mettre en châsse les restes du saint, qui deviendra le saint patron de la rive-droite, dont le nom sera contracté en Merry.

Une chapelle lui sera dédiée, sur l'initiative d'un officier royal, Eude Le Fauconnier. L'église sera reconstruite plusieurs fois, à partir de 1200, la population du quartier des Halles ne cessant de croître.

Jean Beaupère, l'un des juges de Jeanne d'Arc, sera l'un des curés de Saint-Merry. Une communauté originaire de Lombardie s'implantera à proximité pour se livrer au change. Le jeune Boccace, né en 1313, sera l'un des paroissiens du lieu, de même que saint Edmond, futur archevêque de Cantorbery.

L'église actuelle, dont la construction débutera en 1500, ne conservera qu'une fenêtre sur la rue Saint-Martin de l'église précédente, construite au XIIIème siècle. Elle présente la double particularité de comporter un bas-côté supplémentaire, au sud, et d'avoir le même plan que Notre-Dame. La longueur du choeur est sensiblement égale à celle de la nef. Surnommée Notre-Dame la petite, l'église sera desservie par sept chanoines du Chapitre de la cathédrale.

La nef ne sera achevée qu'en 1520, et le choeur en 1552. La tour de droite, également d'origine gothique, sera érigée en 1612, dans le goût du jour. Le choeur sera habillé de marbre au XVIIIème siècle, comme l'avait été celui de Notre-Dame quelques années auparavant. Il sera décoré dans le style baroque par les célèbres sculpteurs Slodtz. Germain Boffrand édifiera à la place des charniers, le long de la rue de la Verrerie, la chapelle de la Communion en 1744.

L'église, fermée en 1793, sera transformée en usine de salpêtre, comme Saint-Germain-des-Prés. De 1797 à 1801, elle sera baptisée temple du Commerce.
Description   
La construction appartient au gothique du XVème siècle. Les fenêtres et la voûte croisée du transept témoignent de l'influence anglaise, dite flamboyante. La structure du bâtiment et les lignes intérieures, extrêmement sobres, sont d'une rare unité architecturale. De l'extérieur, on peut apprécier la façade qui possède en son centre un grand porche ogival. Bien que mutilée, elle conserve une riche décoration d'époque, alternant feuillage et animaux imaginaires. Les sculptures des saints seront exécutées sur le modèle de celles du portail sud de Notre-Dame. Les sculptures, détruites à la Révolution, seront refaites en 1842 par Brun et Louis Desprez. La petite tourelle de gauche renferme la plus vieille cloche de Paris, la Merry, fondue en 1331.

La décoration intérieure, telle qu'on peut la voir aujourd'hui, s'inspire principalement le goût du XVIIIème siècle. Elle illustre les thèmes mis à l'honneur après le Concile de Trente et lors du Renouveau spirituel du XVIIème siècle. Le beau sera considéré comme l'une des voies pour aller vers le Créateur. Une place plus importante sera donnée à l'Eucharistie. De ce point de vue, Saint-Merry est l'exemple de l'église gothique parisienne transformée par le style baroque et classique. Le mobilier médiéval de l'église sera évacué au XVIIème siècle. Les beaux vitraux du XVIème siècle laisseront la place à des verres blancs, à l'image de ce qui avait été fait à Notre-Dame. Faute d'argent, on renoncera à construire un portail de style classique.

A l'intérieur, on admirera le mobilier, notamment les orgues à cinq tourelles, parmi les plus belles de Paris, construites par Jean et François Heman, en 1650, et refaites par le célèbre facteur Clicquot, en 1781. Le buffet est l'oeuvre du maître menuisier Germain Pilon. Michel-Ange Slodtz exécutera la tribune, qui repose sur quatre piliers de bois à chapiteaux ioniques. Le compositeur Camille Saint-Saëns sera organiste à Saint-Merry en 1853. Il y composera sa fameuse symphonie pour orgue. Une restauration de l'instrument s'impose aujourd'hui.

La plupart des chapelles seront décorées au XIXème siècle, sous la Monarchie de Juillet et après 1870. On regardera en priorité le grand tableau de Théodore Chassériau représentant la vie de sainte Marie l'Egyptienne. C'est dans la crypte, située sous la partie nord du transept, que sont conservées depuis 1884 les restes et les reliques de saint Merry.

Les verrières de la nef datent du début du XVIème siècle. Les plus remarquables, situées au-dessus des deux premières arcades côté Seine, retracent la vie de saint Nicolas de Myre et celle de sainte Agnès. Les huit baies du choeur et du transept, posées vers 1540, sont attribuées à Pinaigrier. Le vitrail du transept de droite représente quatre donateurs de la famille d'Etienne Marcel. Les trois vitraux du choeur qui lui font suite racontent l'apostolat de saint Pierre. Ils font face à des verrières qui décrivent l'histoire de Joseph en Egypte.

La toile représentant saint Merry délivrant des prisonniers, sur l'autel du transept gauche, sera exécuté par Simon Vouet en 1640. La troisième chapelle dans son prolongement renferme une fresque de Chassériau, peinte en 1843, représentant Marie, l'Egyptienne. L'autel placé à la droite du choeur est orné d'une Vierge bleue, peinte par Carlo van Loo en 1765. La chapelle de la Communion, ouvrant sur le début du bas-côté de droite, renferme deux bas-reliefs exécutés par des frères Slodtz : l'ange tenant la Bible et l'ange tenant le calice. Au-dessus de l'autel, une toile peinte Charles Coypel représente les pèlerins d'Emmaüs.

La clôture Renaissance, qui ferme l'accueil à droite en entrant, provient de l'ancienne chapelle des Juges Consuls, ancêtre du Tribunal de Commerce.
Contenu de la section    Classement par : noms / artistes / nature / époques

Pinaigrier
Thème religieux
vers 1540

Sébastien Slodtz (1655-1726)
Autel
approx. de 1750 à 1760
René Michel Slodtz (Michel-Ange Slodtz) (1705-1764)
Autel
approx. de 1750 à 1760
Paul-Ambroise Slodtz (1702-1758)
Autel
approx. de 1750 à 1760

Théodore Chassériau (1819-1856)
Thème religieux
1843

Simon Vouet (1590-1649)
Thème religieux
1640

Charles-André van Loo (Carle Vanloo) (1705-1765)
Thème religieux
1765

Anonyme
Thème religieux
approx. de 1520 à 1540

Anonyme
Voûte
approx. de 1520 à 1550
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Saint-Merri (7)